Carte scolaire – Ajustements septembre 2026-2027

La carte scolaire s’est déroulée le mardi 1er septembre 2026. Voici les décisions entérinées :

Ouvertures (9)

ÉcolesCirconscriptionsVille
EM Fougan de merBouguenaisBouguenais
EP Simone VeilCouëron – OrvaultOrvault – Nort-sur-Erdre
EE Marie curieSaint-Nazaire EstTrignac
EE ChataigneraieValletHaute-Goulaine
EM Les ChâtaigniersNantes Nord OuestNantes
EP LongchampsNantes Nord-OuestNantes
EP Léon SayNantes Nord OuestNantes
EP Julien GracqNantes Nord EstNantes
EE Ledru RollinNantes Sud EstNantes

Groupe scolaire Césaria Evora (Nantes) : renfort annuel temporaire.

Annulations de fermeture (2)

ÉcolesCirconscriptionsVille
EE La lande de mazaireErdre et GesvresLa Chapelle-sur-Erdre
EE La rivièreCouëron – OrvaultSautron

Aucune nouvelle mesure de fermeture. Maintien des fermetures actées en phase 1 à l’exception des 2 ci-dessus.

Bilan final : 85 fermetures de classe, 38 ouvertures de classe.

Explications et analyse en fin d’article.

Votes contre : 6

Abstentions : 3

Motion intersyndicale expliquant le vote

Les cinq organisations syndicales représentant les personnels au CSA départemental (UNSA, CFDT, FSU, FO et SUD) se sont mises d’accord pour s’abstenir, en partie seulement, afin de ne pas bloquer les ouvertures de postes discutées aujourd’hui et pour ne pas mettre nos collègues en difficulté. Néanmoins, nous sommes unanimes pour nous opposer à la carte scolaire 2026/2027, pour laquelle nous avions déjà voté contre l’année dernière. Nous dénonçons le manque de moyens dans la fonction publique.

Contexte de cette rentrée chaotique

Suite à l’intrusion dans les systèmes informatiques de l’Éducation Nationale, le DASEN explique que l’organisation de la rentrée a été plus compliquée qu’à l’accoutumée. Il remercie les services administratifs ainsi que le service informatique qui s’attèle aux rétablissement de la situation depuis le 7 août. Il se félicite du fait que toutes les classes avaient un·e enseignant·e nommé·e à la rentée. Les organisations syndicales présentes s’associent bien évidemment à ces remerciements. Néanmoins, elles dénoncent unanimement une crise qui aurait pu être évitée si des moyens à la hauteur des besoins étaient alloués au ministère et aux différentes académies.

Expérimentation de la nouvelle méthode de carte scolaire

En juin 2026, les organisations syndicales ont été reçues par le rectorat en présence du DASEN afin de présenter l’expérimentation d’une nouvelle méthode de carte scolaire. L’idée officiellement présentée : il s’agit de repenser un maillage, trouver un équilibre avec le privé et la mixité particulièrement dans les territoires ruraux. Traduction : il faut s’attendre à la création de RPIs (Regroupement Pédagogique Intercommunal) dans les années à venir.

Le DASEN rassure en expliquant que cette expérimentation n’a pas vocation a faire disparaître les écoles de 4 classes ou moins. Puis il est interrogé sur les directions volantes. Il s’agit pour un·e seul·e agent·e d’assumer la direction de différentes écoles et donc de se déplacer dans différents locaux, de travailler avec des équipes différentes… Ce type de poste est-il amené à être créé à l’avenir ? M. Marti (nouvel Inspecteur de l’Éducation Nationale Adjoint au DASEN) répond qu’il ne s’agit pas d’une politique départementale MAIS, que ce type de poste qui existait par le passé, pourrait exceptionnellement être mis en place.

Recrutements à venir ? (liste complémentaire, contractuels…)

Le DASEN nous informe qu’à ce jour il n’a pas obtenu l’autorisation de recruter des contractuels ou d’avoir recours à la liste complémentaire. Il se montre très pessimiste sur le recrutement de contractuels pour les postes bretons alors que les moyens se font cruellement sentir. Le SNUDI FO 44 a toujours dénoncé et dénonce toujours ces classes qui sont facteurs d’iniquité. En effet, ces classes mobilisent un poste d’agent à temps plein pour des effectifs souvent très réduits à côté de ceux des autres classes de l’école. Par ailleurs, ces mêmes classes accueillent le plus souvent des élèves issus de milieux davantage favorisés. Aujourd’hui, ces classes sont attribuées à des professeurs qui n’ont pas la certification en breton…

À noter la situation d’une enseignante de l’académie de Rennes, possédant la certification, qui a demandé à pouvoir intégrer l’académie de Nantes et particulièrement le département de Loire-Atlantique. Bien que sa demande d’EXEAT (sortie du département) aie été acceptée par son département d’origine, elle n’a pas obtenu sa demande d’INEAT (entrée dans le département) dans le 44. Le DASEN explique regretter la situation, qu’il aurait souhaité l’accueillir cette année mais qu’il n’avait pas les moyens. Elle est invitée a retenter sa chance l’année prochaine. Nous dénonçons fermement cette situation particulièrement ubuesque. Les besoins sont là, mais les moyens manquent à la fois pour les contractuels mais aussi les agents possédant la certification ! Quel avenir pour les classes bretons ? Nous posons ici la question.

Concernant le recrutement de contractuels PsyEN, le DASEN se montre un peu moins pessimiste. Néanmoins, il n’a toujours pas l’autorisation de procéder aux recrutements. On nous informe que si cette autorisation était accordée, les personnels « qui ont donné satisfaction l’année dernière » seraient reconduits. Ces informations sont tout bonnement intolérables ! Alors que la santé mentale des jeunes est une « grande cause nationale » depuis 2025, force est de constater que les moyens ne sont pas au rendez-vous et, malheureusement, les drames de l’année passée nous le rappellent douloureusement.

Concernant la liste complémentaire, la réponse est la même. Il demeure dans l’attente de l’autorisation du ministère. Nous dénonçons fermement ce blocage ! Les besoins sont réels, nous revendiquons le recrutement immédiat de toutes les listes complémentaires dans l’ensemble des départements. Nous invitons les lauréats des différentes listes complémentaires à s’unir et se rassembler, à l’image des entreprises initiées par les listes de l’académie de Nantes et de Rennes (Contact : listecomplementaire2026@gmail.com).

Risques météorologiques (chaleurs extrêmes, neige, tempêtes…)

Interpellé sur le chaos engendré par l’absence de communication et de consignes claires pendant les évènements climatiques de l’année dernière, le DASEN répond qu’il est difficile de fournir des éléments de réponse standardisé, les conditions sont variables d’un endroit à l’autre : « il faut trouver l’équilibre entre un discours simple et harmonisé et un discours qui va répondre localement au bon niveau de réponse« . Il explique également que ces évènements sont difficilement prévisibles par nature et qu’ils impliquent donc adaptation et réaction.

Aussi, les services nous expliquent que des « retex » (retour d’expériences) ont été réalisés suites aux évènements de l’année dernière. Toutes les alertes ont été prises en compte et un tableau de bord des établissements ayant rencontré des difficultés a été réalisé. Enfin, « les collectivités sont invitées à s’équiper« .

Ces explications sont très largement insuffisantes ! En effet, comme nous l’avons déjà dénoncé notamment en F3SCT-D (Formation Spécialisée en Santé, Sécurité et Conditions de Travail Départementale), ces évènements peuvent être anticipés ! Une canicule avec des chaleurs extrêmes est généralement annoncée avec plusieurs jours d’avance par Météo France. Et lorsqu’une vigilance rouge notamment est en vigueur, des mesures doivent être mises en oeuvre pour protéger les personnels et les élèves. Certes des mesures peuvent être adaptées localement, selon les spécificités des établissements, mais cela ne saurait justifier l’absence de communication ou de consignes claires et précises. Pourquoi ne pas fixer un seuil critique de température qui interdirait d’accueillir les élèves en classe ? Par ailleurs, on ne saurait se reposer uniquement sur les capacités ou parfois, le bon vouloir, des municipalités pour équiper en ventilateur l’école publique…

En tout état de cause, nous vous invitons à contacter le syndicat et à déposer des fiches RSST lorsque les conditions climatiques vous mettent en danger afin que nous puissions alerter l’administration sur votre situation.

Mesures d’ajustement de la carte scolaire 2026 – 2027

Le DASEN nous explique avoir peu de marge de manoeuvre et devoir respecter deux contraintes principales à savoir :

  • Budget : il reste peu de poste notamment en raison du fait qu’il y a deux phases de carte scolaire plutôt que trois : nous dénoncions déjà l’année dernière cette situation qui allait nécessairement entrainer des difficultés…
  • Social : le DASEN ne souhaite pas procéder à des retraits d’emploi sur les postes en septembre, il trouve cela « inopportun » : nous avons toujours revendiqué qu’aucune fermeture ne devait avoir lieu en septembre donc nous ne pouvons que saluer cette décision. Néanmoins, expliquer que dans un grand nombre de situation il aurait pu fermer une ou plusieurs classes pour ouvrir ailleurs et être plus équitable est difficilement entendable. Il s’agit d’ouvrir des postes là où c’est nécessaire un point c’est tout !

Au final, sont actées 9 nouvelles ouvertures (+1 poste annuel temporaire pour le groupe scolaire Cesaria Evora à Nantes) et 2 annulations de fermeture. Les nouvelles ouvertures devaient se faire en imputant la brigade de remplaçant·es. Néanmoins nous avons appris que des titulaires secteurs avaient été appelé·es pour ces classes à l’année. Difficile donc pour nous de mesurer à quel point la brigade est impactée…

Concernant les postes de continuité pédagogique « résorption du bidonville » (5 postes créés en phase 1) : la DSDEN, en lien avec la municipalité de Nantes, a constaté que les enfants n’étaient pas au rendez-vous… Nous ne sommes guère surpris compte tenu des évènements abjects qui se sont déroulés cet été… À partir de ce constat, le DASEN annonce son intention de redéployer ces postes temporairement pendant 1 an. Ces postes ne sont pas supprimés, seulement « redéployés ».

Cela est inadmissible et cela particulièrement pour l’EE Cesaria Evora (anciennement la Bottière à Nantes). Le DASEN avait présenté cette création de poste comme la création d’une classe supplémentaire et cette école en ressentait énormément le besoin. Or avec le redéploiement du poste, cela revenait à l’annulation d’une ouverture dans l’école. Après échange avec le DASEN, les organisations syndicales ont obtenu l’attribution d’un renfort annuel temporaire pour le groupe scolaire Cesaria Evora.

Néanmoins, la nature de ces postes pose question. En effet, le DASEN a expliqué que la collègue qui avait initialement obtenu ce poste et qui a été « redéployée » le jour de la pré-rentrée par les services, pourrait revenir à son lieu d’origine l’année suivant si les élèves attendus étaient bien présent. Et si ces élèves arrivaient en cours d’année ? Et s’ils étaient au rendez-vous à la prochaine rentrée mais pas à la suivante ? Alors on peut redéployer selon les besoins du service, d’année en année un·e agent·e ? Nous dénonçons fermement cette pratique, un·e agent·e n’est pas un·e pion·ne, ce n’est pas un simple numéro qu’on peut déplacer selon les besoins : il s’agit d’une personne avec des contraintes, une vie privée qu’on ne saurait ignorer.

Les situations des écoles figurant dans le tableau transmis par l’administration ont ensuite été étudiées. Le DASEN a indiqué ne pas vouloir prononcer de mesures de fermetures en septembre les jugeant « inopportunes« . Mais il précise qu’il « aurait pu le faire » et parfois même jusqu’à deux dans certaines écoles. Sans même connaître encore les dotations du département pour la prochaine carte scolaire, il est à craindre un important nombre de fermeture. Nous vous invitions à nous communiquer vos effectifs et vos problématiques afin de pouvoir défendre votre position en carte scolaire !

Pour conclure, vous trouverez dans le document joint à cet article, les questions diverses que nous avons posées à l’administration et les réponses apportées par cette dernière.


Pour défendre mes droits et mes garanties statutaires de fonctionnaire d’État :
Je me syndique au SNUDI-FO 44