Les PAS, un dispositif de plus !
Les PAS ( Pôles d’appui à la scolarité ) ont été déployées depuis septembre 2024 à titre expérimental dans 3 circonscriptions du département.
Chaque PAS est coordonné par un enseignant du 1er degré et par un éducateur spécialisé missionné par l’Agence Régionale de Santé. Les familles, les enseignants ou les directeurs peuvent contacter directement un coordonnateur pour obtenir des réponses au sujet d’un élève qui rencontre des obstacles dans ses apprentissages, sans nécessairement demander une reconnaissance de handicap.
Les moyens financiers accordés par l’ARS au démarrage du dispositif ont été conséquents, ce qui a permis l’acquisition de matériel : jeux et mobilier adaptés, ordinateurs.
Cependant, le déploiement de 19 PAS supplémentaires dans le département l’année prochaine (2000 pour toute la France) a de quoi susciter de l’inquiétude, car rien ne permet de croire que l’ARS va augmenter les moyens à investir dans les mêmes proportions.
Vers la généralisation des PAS
S’il apparaît acté que des enseignants et des éducateurs coordonneront chaque nouveau PAS, il ne s’agit pas de créations de poste. Les personnels seront donc affectés dans ces nouveaux dispositifs au détriment d’autres structures spécialisées telles que les IME, les IEM, les SESSAD ou autres ITEP.
Ce glissement des moyens est flagrant lorsqu’on observe les mesures de la dernière carte scolaire.
Pour déployer les 19 PAS annoncés, le DASEN récupère des moyens à la fois sur les RASED qui interviennent dans les écoles mais aussi et surtout sur les postes d’enseignants spécialisés exerçant dans les établissements médico-sociaux (IEM, IME, ITEP, SESSAD…) : 8 postes rien que pour ces derniers !
Et la justification de ces retraits de postes est particulièrement scandaleuse ! Au prétexte que ces structures accueillent des jeunes de plus de 16 ans et donc ayant dépassés l’âge de la scolarité obligatoire, le DASEN fait le choix de récupérer les heures d’enseignement qui leur étaient dispensées car “cela ne fait pas partie des missions de l’Éducation nationale” ! Imagine-t-on le même discours tenu aux familles des lycéens de plus de 16 ans ?
A ce propos, nous vous invitons à signer et à faire signer la pétition suivante pour les collègues de la La Grillonnais – plateforme médico-sociale d’évaluation et de formation professionnelle- qui perd 2 enseignants sur 5 :
Le droit à la formation ne s’arrête pas à 16 ans pour les jeunes en situation de handicap
Derrière les “bonnes” intentions affichées, qu’en est-il vraiment ?
Notre ministère de l’Éducation Nationale est doublement gagnant :
– Il peut montrer dans les médias que l’inclusion scolaire progresse en France, le nombre d’enfants pris en charge évoluant de 490 000 en 2024 à 520 000 en 2025 et logiquement plus en 2026. Mais quid du nombre d’heures d’aide par élève ?
– Les moyens humains sont pris en supprimant des postes dans des structures spécialisées autrement plus coûteuses en fonctionnement.
Pour les personnels des écoles, c’est double peine :
– Ils ont de plus en plus d’élèves à gérer, sans moyens ni véritable formation, avec des effectifs par classe en hausse.
– Les tâches hors temps d’enseignement s’accroissent, puisqu’il faut à chaque fois créer des LPI sur internet et organiser des rencontres entre familles et professionnels du PAS.
On voit déjà apparaître dans les réponses apportées aux enseignants des dossiers épais aux belles couleurs, à photocopier, qui leur expliquent les gestes à faire face aux élèves à besoins particuliers. On connaît la portée réelle de ces documents !
Pour les familles, les PAS sont un leurre, car destinés à les détourner d’autres structures actuellement engorgées, telles que les CMP ou la MDPH. Quand les moyens sont là, leur enfant peut bénéficier de matériel adapté, mais qu’en sera-t-il lorsque le budget accordé par l’ARS sera dilué dans la généralisation des PAS ?
Et le temps passera… Un an… Deux ans… Les enseignants concernés seront à bout de souffle dans des classes toujours plus chargées. Les éventuels dossiers de demande d’aide à la MDPH ne seront pas finalisés. La roue tournera et l’élève à besoins particulier sera finalement orienté en sixième générale, toujours en attente d’une prise ne charge adaptée à ses besoins. Les familles sombreront dans l’incompréhension face au manque de solutions pour leur enfant, qui approchera alors des 16 ans et à qui l’Éducation nationale finira par dire que ce n’est plus de son ressort !
Pour conclure …
L’objectif des PAS est le même partout : faire sortir un maximum d’élèves du champ du handicap et diminuer le nombre d’élèves notifiés par la MDPH.
L’Éducation Nationale va ainsi pouvoir se substituer à la MDPH pour décider des besoins et les adapter… au manque de personnels et au manque de moyens. L’Inclusion oui mais uniquement pour faire des économies !

